La narratrice, mère de jumeaux de 18 mois, Ava et Mason, était complètement dépassée à la porte d’embarquement, préparant le premier voyage en famille pour rendre visite à ses beaux-parents en Floride. Son mari, Eric, avait disparu vers le comptoir et était revenu avec un « petit sourire satisfait », annonçant qu’il avait obtenu une place seule en classe affaires. Avant qu’elle ait pu digérer le choc, Eric l’embrassa sur la joue et passa par le rideau, la laissant gérer seule les deux tout-petits en pleine crise, les sacs à couches, les sièges auto et la poussette qui s’effondrait en classe économique (siège 32B). Son désarroi fut encore accentué lorsqu’un passager demanda immédiatement à être déplacé, et qu’Eric envoya un texto insensible depuis l’avant de l’avion : « La nourriture est incroyable ici. Ils m’ont même donné une serviette chaude. »

À l’atterrissage, la narratrice, ressemblant à quelqu’un qui avait survécu à une « zone de guerre », regarda Eric descendre de l’avion, reposé et détendu. Au retrait des bagages, son beau-père, qui avait hâte de rencontrer ses petits-enfants, l’accueillit chaleureusement mais fixa Eric d’un regard de pierre en prononçant froidement : « Fils… nous parlerons plus tard. » Ce soir-là, la narratrice entendit la confrontation dans le bureau. Le beau-père ne cria pas, mais fit clairement comprendre qu’Eric avait agi de manière inacceptable : « Ce n’est pas le putain de problème, Eric ! » Quinze minutes plus tard, il sortit, tapota l’épaule de la narratrice et confirma : « Ne t’inquiète pas, ma chérie. Je m’en suis occupé. »
La vengeance du beau-père commença la nuit suivante lors d’un dîner familial dans un magnifique restaurant au bord de l’eau. Quand le serveur vint prendre les commandes de boissons, le beau-père fit volontairement attendre Eric. Après avoir commandé des boissons pour lui et sa femme, il se tourna vers Eric et, impassible, demanda : « Un verre de lait. Puisqu’il est clair que tu ne peux pas te comporter en adulte. » Toute la table, y compris la narratrice et le serveur, éclata de rire tandis qu’Eric était mortifié. Cette humiliation publique ôta immédiatement toute fierté à Eric, donnant le ton pour le reste de sa visite.

Deux jours plus tard, le beau-père passa à un niveau supérieur en informant discrètement la narratrice, alors qu’elle pliait le linge, qu’il avait mis à jour son testament. Il expliqua qu’il avait créé une fiducie substantielle pour s’assurer que « les enfants et leur maman soient toujours pris en charge » — une disposition incluant l’université et les premières voitures des jumeaux. Il précisa que la part d’héritage d’Eric « diminuait de jour en jour… jusqu’à ce qu’il comprenne ce que signifie mettre sa famille en priorité. » Cette décision financière donna à la narratrice sécurité et influence, démontrant que le beau-père valorisait ses contributions et le bien-être de ses petits-enfants plus que le confort momentané de son fils.
Le matin du vol de retour, Eric se transforma soudain en modèle de coopération domestique, proposant de porter les sièges auto et les sacs à couches. Au kiosque d’enregistrement, l’agent l’informa qu’il avait encore été surclassé. Cependant, lorsqu’Eric examina l’enveloppe de sa carte d’embarquement, son visage pâlit. Écrit à la main par le beau-père, on pouvait lire : « Classe affaires encore. Profite. Mais ce billet est à sens unique. Tu devras l’expliquer à ta femme. » Le beau-père avait réservé à Eric un billet aller simple en classe affaires vers un hôtel où il devrait séjourner seul quelques jours pour « réfléchir à ses priorités. » La narratrice éclata de rire devant ce dernier acte de karma parfaitement exécuté, convaincue que la mémoire d’Eric concernant ses priorités familiales allait devenir « beaucoup plus claire. »