J’ai adopté des jumeaux handicapés après les avoir trouvés dans la rue — 12 ans plus tard, j’ai failli laisser tomber le téléphone en apprenant ce qu’ils avaient fait.

Il y a douze ans, la vie d’Abbie bascula à jamais lorsqu’au cours de sa tournée habituelle de ramassage des ordures à cinq heures du matin, elle aperçut une poussette abandonnée sur un trottoir glacé. À l’intérieur se trouvaient deux jumelles encore nourrissons, laissées là avec pour seules affaires une boîte de lait infantile à moitié vide et des couvertures inadaptées au froid. Après avoir alerté les autorités et regardé les services sociaux emmener les bébés, Abbie et son mari Steven — qui luttaient depuis des années contre l’infertilité — ressentirent un lien immédiat et profond avec ces enfants. Malgré leurs revenus modestes et le choc d’apprendre que les jumelles étaient atteintes d’une surdité sévère, ils n’hésitèrent pas à entamer une procédure de placement, choisissant de voir ces fillettes non comme un fardeau, mais comme un miracle longtemps espéré.

Les premières années furent éprouvantes : longues journées de travail, nuits courtes et apprentissages intenses, tandis que toute la famille s’immergeait dans la langue des signes américaine (ASL). Là où voisins et inconnus regardaient souvent les jumelles avec pitié ou curiosité, Abbie et Steven refusaient toute vision déficitaire : leurs filles n’étaient pas « diminuées », simplement sourdes, et tout aussi précieuses. Peu à peu, la maison s’emplit d’un nouveau langage — visuel, tactile, profondément expressif — pendant que Hannah et Diana affirmaient leurs personnalités : l’une devenant une artiste talentueuse, l’autre une inventrice ingénieuse.

À douze ans, les jumelles avaient transformé leurs propres défis en moteur créatif en travaillant ensemble sur un projet scolaire de vêtements adaptés. Hannah imaginait l’esthétique, tandis que Diana concevait des solutions pratiques, comme des chemises compatibles avec les appareils auditifs ou des coutures respectueuses des sensibilités sensorielles. Leur objectif était simple : rendre la vie d’enfants comme elles « moins compliquée ». Elles n’auraient jamais imaginé que ce simple devoir attirerait l’attention d’une grande marque de vêtements pour enfants, BrightSteps.

Un nouvel événement vint bouleverser la famille lorsqu’un représentant de l’entreprise contacta Abbie pour proposer une collaboration officielle. La marque ne souhaitait pas seulement s’inspirer de leurs idées : elle voulait lancer une ligne complète de vêtements adaptatifs fondée sur leurs créations, avec un contrat de licence prévoyant plus de 500 000 dollars de revenus. Pour une famille longtemps étranglée par les factures médicales et les horaires épuisants de la collecte des déchets, la nouvelle fut vertigineuse. Les bébés autrefois abandonnés sur un trottoir gelé s’apprêtaient désormais à devenir de jeunes créatrices reconnues avant même d’entrer au lycée.

Aujourd’hui, cette manne financière promet stabilité et nouvelles perspectives, mais pour Abbie et Steven, la véritable victoire reste le lien forgé durant ces premiers mois silencieux. Le succès des jumelles incarne la force d’un amour où l’on est pleinement vu et entendu — ou, dans leur cas, compris par les signes. Tandis que la famille se prépare à rencontrer avocats et interprètes, elle reste fidèle à la promesse qu’Abbie fit, il y a plus de dix ans, à deux minuscules bébés trouvés au bord de la route : elles ne seraient plus jamais seules.

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