Une mère, inquiète pour sa fille dont la voix semblait toujours fatiguée et qui répondait à ses questions par un « Ça va, maman, ne t’inquiète pas », décida de lui préparer une belle surprise. Très tôt le matin, elle cuisina un gâteau frais et se rendit à l’improviste chez sa fille. En remarquant la porte entrebâillée, elle entra discrètement ; mais au lieu de la paix attendue, un bourdonnement inquiétant résonnait dans la maison. En se dirigeant vers le bruit de l’eau venant de la cuisine, la scène qu’elle découvrit lui glaça le sang.

Son gendre maintenait violemment la tête de sa fille sous l’évier, laissant couler de l’eau glaciale sur son visage. La jeune femme peinait à respirer, ses mains tremblaient. Pire encore, la mère du gendre était assise à table, regardant la scène avec un calme glacial, comme si tout cela était normal. À cet instant, la mère comprit enfin pourquoi sa fille s’était éloignée d’elle pendant des mois et d’où venait cette profonde tristesse dans sa voix.
Après un bref moment de choc, l’instinct protecteur de la mère se transforma en une colère féroce. Elle bondit, saisit le bras du gendre de toutes ses forces et le repoussa loin de sa fille. D’une voix qui faisait vibrer les murs, elle cria : « Tu ne toucheras plus jamais à ma fille ! » Le gendre, surpris, recula, tandis que la femme restée silencieuse jusqu’alors tenta de parler ; mais la mère la fit taire d’un regard sévère : « Tu as regardé ce supplice pendant des années, toi aussi tu devras en répondre. »

La mère ferma immédiatement le robinet, mit la veste sur les épaules de sa fille et la prit dans ses bras comme un bouclier. Pour la première fois, la jeune femme se permit de pleurer sans avoir à paraître forte, sanglotant sur l’épaule de sa mère. Sans hésiter, elle appela la police, ignorant les menaces du gendre et de sa mère. Dès cet instant, le sombre règne de la peur dans cette maison prit fin, laissant place à la justice.
Peu après l’arrivée des forces de l’ordre, tout fut révélé. La mère serra la main de sa fille et murmura : « Tout est fini, tu n’es plus seule. » Ce jour-là, la jeune femme quitta la maison non plus comme une victime, mais comme une femme ayant retrouvé sa liberté. Cette visite impromptue de sa mère fut peut-être le tournant décisif qui sauva sa vie.