À l’intérieur du Beverly Hilton, l’air était chargé d’une brume enivrante de gardénias et de tabac coûteux. C’était la 42ᵉ cérémonie annuelle des Golden Globes, et la salle résonnait d’une symphonie de cristaux qui tintaient et du claquement agressif des flashs reflétant les statuettes dorées.

Dans une époque définie par l’excès à haute tension, James Brolin et Jan Smithers n’arrivaient pas simplement comme un couple puissant de plus, mais comme une pause bienvenue. Ils étaient la chaleur au sein d’une salle souvent glacée par le calcul pur de la célébrité.

Jan Smithers apportait avec elle un éclat « Bailey Quarters » presque subversif pour 1985. Alors que la décennie exigeait des épaules armurées et un laque architectural, Jan restait douce, naturelle, et incroyablement lumineuse. Le charme de WKRP à Cincinnati — cette radiance sensée et accessible — servait de contrepoids parfait à l’artifice brillant de Beverly Hills.

Elle ne cherchait pas à éclipser le lustre ; elle était simplement présente, sans prétention. À ses côtés, Brolin incarnait le roi incontesté de l’hôtel. Il portait la prestance robuste d’un héros à l’ancienne, un homme ayant traversé les changements de l’industrie avec un charisme indéfectible.

Cette nuit-là était une capsule temporelle d’un amour à son apogée, survenue une saison avant qu’ils n’échangent officiellement leurs vœux. Ils dégageaient l’énergie des années quatre-vingt sans avoir besoin de crier pour attirer l’attention. Quarante ans plus tard, nous regardons encore ces clichés, car ils reflètent une grâce hollywoodienne rare. Alors que Hotel et WKRP vivent encore en syndication, la leçon durable de cette nuit au Hilton reste la même : le vrai glamour ne se trouve pas dans la statuette que l’on ramène chez soi, mais dans la personne qui reste à vos côtés lorsque les lumières de la salle s’éteignent enfin.